Hommage à Cheikh Mustapha El Hassar : Virtuose de la mandoline

Dans le cadre de la tenue de la 12 éme édition du Festival international de la musique  andalouse et des musiques anciennes,  un hommage posthume a été rendu, dans la soirée de vendredi, au regretté  cheikh Mustapha El Hasser.

 L’opéra Boualem Bessaih de Ouled Fayet à  Alger, a eu du mal à contenir, les nombreux convives, venus assister à cette troisième soirée du Festialgérie. Comme à chacune de ses éditions, le commissariat du festival   rend hommage à des icônes de la musique algérienne.

Ainsi  un hommage posthume a été rendu au regretté cheikh Mustapha El Hassar, plus connu sous le pseudonyme Bahar.  Un pseudonyme, hérité de son père  Mohamed Bahar-décédé en 1971-dit cheikh El Hassar, tisserand spécialisé dans la fabrication des tapis de paille. Son père recevait dans son atelier d’importantes personnalités qui se plaisaient à venir échanger des connaissances mélodiques et poétiques à la fois dont entre autres Cheikh Ibnou Zekri, Mohamed Benteffahi, Omar Zemmouri  et Ahmed Sebti.

Le défunt Mustapha El Hassar qui est né le 21 mars 1917  était réputé pour sa parfaite maitrise de la mandoline. Il apprend très jeune à jouer du fhel, du violon et de la mandoline. Il alternera  sa vie durant entre la  mandoline et le violon alto. Il assistait aux réunions amicales et artistiques organisaient par son père tout en mémorisant les contours et le contenu des œuvres interprétées, aux côtés de son cousin Mohamed Bahar (décédé en 2000). Assez timide,  Mustapha Bahar intègre le cours de Cheikh Mohamed Fekhardji au Conservatoire municipal d’Alger dans le but d’enrichir ses connaissances et de confirmer son choix relatif à la mandoline. Il rejoint en 1947 l’ensemble de musique andalouse dirigé par Cheikh Mohamed Fekhardji,  institué au sein de Radio Algérie de l’ORTF en 1946.Après l’Indépendance Nationale, il est membre de l’orchestre de musique andalouse de la RTA, dirigé d’abord par Cheikh Abderezak Fekhardji et ensuite par Mustapha Skandrani. Mustapha Bahar était très sollicité dans les exécutions des istikhbarètes .Ces enregistrements ont fait l’objet d’une édition d’un phonogramme 33 tours aux éditions les Artistes Arabes Associés à Paris en 1998.Accompagnant tous les artistes qui se produisaient à la radio et à la télévision algérienne (RTA), il choisira l’ensemble de Cheikh Mohamed Kheznadji avec lequel il demeurera plusieurs années. Mustapha Bahar fait faisait, également, parti de l’orchestre dirigé par Cheikh Zerrouk Mokdad dans l’animation de cérémonies familiales.

Ainsi lors de cette soirée hommage, placée sous le signe de la mémoire, le fils ainé du défunt Mustapha El Hassar s’est vu remettre  le trophée du festival ainsi qu’un bouquet de fleurs.  S’en est suivi de poignants témoignages de l’artiste, émanant de personnes qui l’ont connu de son vivant. Le président de l’association  El-Inchirrah Smail Hini rappelle au passage qu’on aurait pu fêter, cette année le centenaire de Mustapha El Hasar.  «  Les gens pensent, dit-il, que Mustapha El Hassar,  maitrisait que la mandoline alors qu’il avait une  belle voix.  Il avait tout  un répertoire que les anciens n’avaient pas.  Nous avons perdu un grand homme. Nous avons perdu, également, la façon de jouer  à la mandoline ».

Abondant dans le même sens le musicien Hassen Benchoubane témoigne qu’il connaissait très bien le défunt. Il synthétise en disant que  « Mustapha El Hassare  était un artiste au sens propre du terme ».  De son côté, le directeur de l’Opéra d’Alger et musicologue Nourreddine Saoudi  révèle qu’il a eu l’honneur de travailler avec le défunt.  L’orateur confie que juste avant sa mort, il avait rendu visite au défunt. Celui-ci a demandé à son petit fils de lui ramener la mandoline.  Les deux musiciens ont alors  exécuté quelques morceaux musicaux andalous. «  Il m’a exécuté un très beau medecer dont lui seul avait le secret de l’interprétation. Mustapha El Hassar était un virtuose de la mandoline.  Il y a beaucoup de choses à dire sur l’homme mais aujourd’hui, nous sommes à même de dire que Mustapha El Hassar était l’un des piliers de l’école Canaa. Si nous voulons aller de l’avant,  nous pouvons dire que  ceux qui nous ont  précédés, nous sommes sur leurs  épaules. Nous  nous inclinons à leur mémoire.   Disons, aujourd’hui, que cette mémoire est vivante et que nous devons impérativement la préserver. Votre présence ce soir, cher public, est la preuve de ce que je dis aujourd’hui ».

Shanez Hanane

Monday the 23rd. | Home | Joomla 3 Templates Joomlaskins