GROUPE DU PATRIMOINE DE MUSIQUE SACREE DE RABAT (MAROC)

Retour aux sources 

Composé de neufs éléments, tous jeunes, talentueux et surtout féru de ce patrimoine musical, cet ensemble a charmé le public fort nombreux.

Coïncidant avec la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif, le Groupe du patrimoine de musique sacrée de Rabat a tenu à présenter ou exécuter un programme de circonstance. Ils ont excellé dans leur prestation qu’ils ont menée avec brio, portés en cela par les instruments de musique : tar, derbouka, rebab, violon…

Le public, déjà chauffé par les précédents artistes, était à l’écoute. Le passage de cet ensemble marocain était constitué de deux parties (des extraits). La première, dans le mode « raml maya », était entièrement consacrée au madih – louanges au Prophète Mohamed (QSSL). De belles pièces. C’est avec un « btayhi » très bien exécuté que le groupe a commencé cette partie. S’en suivront plusieurs « insraf » qui transporteront l’assistance.

La seconde partie, quant à elle, en mode ghrib, était consacrée à l’amour, au bien-aimé et à la dulcinée. Une manière, pour ce groupe, de raviver ce sentiment en ces soirée froides et humide pour réchauffer le cœur. L’exécution musicale et l’interprétation étaient exquises. Un véritable régal. Des voix, certes masculines, mais très mélodieuses. Le public était transporté, conquis au vu des applaudissements et youyous qui fusaient de partout. Encore un autre voyage dans le temps. Le temps d’une soirée, d’une prestation. Il se délectait de chaque parole, de chaque note, de chaque musique.

Skander Khalil

  

TARIK EL HASSOUNI, CHEF DU GROUPE DU PATRIMOINE DE MUSIQUE SACREE (MAROC)

« Transmettre aux jeunes cet art pour préserver notre identité et authenticité »

 Propos recueillis par : Skander Khalil

Que signifie le patrimoine de musique sacrée ?

C’est l’ensemble des différentes musiques au Maroc : andalous, gharnati,el malhoun, et même el madih (musique pratiquée dans les zaouïas). En un mot tout le patrimoine musical marocain.

 

Votre public est-il généraliste ou ciblé ?

En général, la musique issue du patrimoine a un public ciblé, particulier. Et nous en tant que jeunes, nous avons constitué cette formation en 2014 et nous avons sorti un album intitulé « Mosaïque du patrimoine », constitué d’enchaînement des différents styles musicaux du patrimoine : el gharnati, el malhoun, puis el ala et enfin la musique soufie.

 

Apportez-vous des touches de modernité à votre travail musical ?

 Dans notre démarche, nous essayons d’être le plus fidèle à ces musiques, de les reproduire telle quelle en respectant ce style traditionnel propre à ces musiques. Toutefois, aujourd’hui, pour pouvoir faire connaître cette musique auprès de la jeunesse, on est un peu obligé d’y apporter quelques touches de modernité, mais sans altérer l’âme de ces musiques.

 

Quel est l’avis des conservateurs au modernisme que vous apporté à ce patrimoine musical ?

Dieu merci, il y a des maîtres qui nous ont encouragés et nous encourages dans notre démarche. En fait, les critiques étaient positives ce qui nous a facilité la tâche.

 

Votre groupe est composé de jeunes. Cela signifie-t-il que la jeunesse s’intéresse à la musique sacrée ?

De par notre initiative, nous voulions transmettre aux jeunes cet art pour préserver notre identité et notre authenticité. C’est comme le cas en Algérie, où il y a des jeunes qui pratiquent ce genre de musique pour qu’il y ait la relève…

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