Symposium international du Qanun : Nécessité de la spécialisation sous le regard académique

Symposium international du Qanun : Nécessité de la spécialisation sous le regard académique   

Le symposium international du Qanun, organisé en marge du 10e Festival internationale de musique andalouse et des musiques anciennes "Festivalgérie" se poursuit, soulevant dans sa deuxième journée d’étude la problématique de la formation académique des qanounis ainsi que l’ouverture de classes de spécialisation dans les conservatoires, écoles et instituts de musique.

 

Dirigé d’une main de maître et d’une vision très pratique par le musicien chercheur Mohamed Saadaoui, le symposium réunit une trentaine de jeunes d’Irak et de Turquie, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie, également inscrits aux masters class avec le souci de progresser dans leur passion pour le qanun en se dotant de plus d’outils pratiques et académiques.

Cette nouvelle séance dans la vie du symposium, a débuté par des orientations et des conseils prodigués aux apprenants par Mohamed Saadaoui, faisant intervenir par moments, le professeur tunisien de qanun, Djamel Abid.

Les deux professeurs se sont étalés sur les méthodes d’apprentissage du qanun, précisant que la méthode turque est très technique, alors que celle arabe n’utilise que deux octaves.

Des analyses comparatives entre les qanounis ayant appris à jouer sur le tas et ceux issus des écoles de musique, ont conclu que les deux aspects se complètent et s’avèrent nécessaires pour l’accomplissement du cursus d’apprentissage requis.

« La plus grande satisfaction est de voir l’élève dépasser le professeur », martèle généreusement Mohamed Saadaoui avant de solliciter l’intervention de son collègue tunisien Djamel Abid :

"Parallèlement à un entretien régulier de l’aspect théorique, une de mes méthodes d’enseignement consiste à mettre à la disposition de mes étudiants énormément de corpus musicaux enregistrés dans tous les modes et taqassims par des qanounis de renom, en leur demandant de les bien écouter, puis de les reproduire", a fait savoir le professeur Abid, auteur également d’un livre sur les méthodes d’apprentissages du qanun.

Des passionnés de l’instrument, à l’instar de Pinar Somakci et Ahmet Baran de Turquie, Omar Zeyad d’Irak, Sohir Arous et Chaïma Guedour de Tunisie, Syrine Brinsi du Maroc, Zakia Bensalah, Rafik Sahbi et Belkacem Hasane Benalioua d’Algérie, ont interagi avec leurs encadreurs et se sont échangés des points de vues dans une ambiance enrichissante propice à une bonne dynamique d’apprentissage.

La deuxième partie de la matinée a été consacrée aux démonstrations, faisant défiler sur la scène de la salle de réunions de l’Institut national supérieur de musique (INSM) quelques qanounis qui ont joué despièces de leurs choix.

Chaïma Guedour, première à passer a interprété avec un doigté doté d’agilité et de maîrise, Sama Rasd, Nassamet et Sahra bi Olfa,  trois compositions de son professeur Djamel Abid.

Belkacem Hasane Benalioua est ensuite intervenu dans un passage très apprécié, marqué par une délivrance de soi par rapport à l’esprit de l’instrument pour imposer son propre « grain de folie », jouant ainsi avec une technique d’accompagnement classique, avec une  main gauche, jouant en accords, en arpèges ou en intervalles de tierces ou de quartes, pendant que de belles mélodies de sa composition, rendues par le jeu de la main droite, se faisaient entendre dans la douceur, avec beaucoup de sensibilité, de maitrise et de dextérité.

Omar Zayed, prenant le relai a été plus que surprenant, avec une maitrise quasi parfaite de l’instrument, changeant de modes en plein jeu, allant du Bayati, au Saba, passant par M’Hayer … ,  avec des transitions savamment travaillées qui introduisaient les différents modes enchaînés, sans dissonance aucune.

Rafik Sahbi à son tour, soutenu par Riad Barbara au luth, a brillé de technique et de maitrise, dans une pièce dans le mode Sama Kurdi où les deux musiciens, bien appliqués,  ont exécuté une série rapide de phrasés mélodiques dans la synchronisation la plus totale.

Arrive alors, le duo tant souhaité qui a uni ahmet Baran et Omar Zeyad dans un numéro époustouflant où les deux instrumentistes, entourés de tous leurs camarades qanounis, ont montré toute l’étendue de leur talent dans un appel-réponse réussi et plein de complicité.

Autant de jeunes pleins de potentialités ont pris part au Symposium international du Qanun, des jeunes qui ne demandent qu’à être bien encadrés, dans une vision pragmatique et une organisation rigoureuse où l’aspect académique et la création de classes spécialisées seront le lit de cette jeunesse promise à de belles carrières.

 

 

                                 

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