Auditorium de l’Institut National Supérieur de Musique

 Symposium  international sur le qanun

Le symposium international sur la qanun a débuté, mercredi 22décembre 2015, au niveau de l’auditorium de l’Institut National Superieur de Musique à Alger.

 

Organisé en marge de la 10 e édition du Festival International de la Musique Andalouse et des Musiques Anciennes, le symposium international sur le qanun-qui s’étalera jusqu’au 26 de ce mois,  vise à faire connaitre davantage cet instrument millénaire.  Dans son discours inaugural, le commissaire du festival international de la musique andalouse et des musiques anciennes, M. Aissa Rahmaoui a indiqué que ce symposium sur le qanun est une occasion idoine pour les initiés de recevoir une formation à travers des master classes qui seront organisées durant cinq  jours.  «C’est parce que l’instrument coûte cher que certains mélomanes se sont éloignés. Aujourd’hui, nous avons peu de références sur le qanun. Cette rencontre intéressente permettra de découvrir plusieurs éléments sur ce précieux instrument musical.  Les étudiants et autres pourront se frotter aux professionnels, en l’occurrence, aux artistes étrangers pour découvrir des choses qu’ils ne connaissent pas. Notre souhait, est de multiplier en Algérie les professeurs de qanun et de penser à une fabrication  locale » dit-il.

Place ensuite à deux brillantes interventions, signés deux virtuoses du qanun, à savoir la turque Pinar Somakci et l’irakien Omar Zeyad Hikmet.

Le musicien Omar Zeyad Hikmet est diplômé de l’institut irakien des études musicales en 2012. Il s’est intéressé aux développement des nouvelles techniques en jouant l’instrument du qanun. Il s’est ensuite déplacé en Turquie pour étudier auprés du maître du qanun Aytaç Dogan. Il a participé à de nombreuses manifestations dans son pays et à l’étranger. Dans son argumentaire, ce jeune musicien  a revisité les techniques et l’évolution du qanun dans la musique arabe. Il est revenu sur les caractéristiques de l’instrument et de ses compartiments et sur les méthodes et les techniques de jeux, le tout avec une exécution en live

 

La spécialiste turque du qanun, Pinar Somakci  s’est basée dans son exposé sur l’histoire du qanun chez la femme turque depuis l’époque ottomane.  Cette diplômée avec les honneurs du Département de musique de la Faculté d’éducation de l’Université de Selçukw à Konya est remontée loin dans le temps. D’emblée elle note que l’instrument du qanun a toujours été considéré dans le monde arabe comme un instrument fait pour les hommes. La femme en Turque a pu s’imposer d’une façon admirable avec cet instrument. Pinar Somakci précise que l’étude en question qu’elle a effectué sur les femmes maitrisant le qanun est la premiére du genre. En effet, c’est une initiative qui a été entreprise par sa demande pour, justement, essayer d’intéresser le maximum de personnes. Les premiéres femmes qui ont joué de cet instrument ont été idendifiées sur des tableaux de peinture en 1742 et en 1783. Le nombre de femmes, répertoriés jouant au qanun est de l’ordre de 140. Le conférenciére indique que cela n’a pas été facile de collecter des noms. Elle a dû téléphoner à des femmes qui lui ont donné d’autres idendités de femmes. Certaines de ces femmes travaillent dans des institutions   gouvernementales font de la scéne. Comme pour mieux  donner un nom sur un visage, Pinar Somakci s’est servie d’un data show pour présenter certaines de ces grandes dames qui ont révolutionné le qanun. Une photo datant de 1800  dévoile un orchestre feminin avec une femme pratiquant le qanun. Selon une datation des plus fiables, la premiére femme excellant dans le qanun est Nezih Hanim, née en 1920. Cette derniére a dirigé une chorale turque. Une autre dame a été révélée dans un magazine du conservatoire turque. Il s’agit  de Muazzez Hanim(1924

Vecihe Daryal 1908-1970 est connu  comme étant la premiére femme virtuose du qanun. Elle a  travaillé comme artiste à la télévision de Ankara.  D’autres noms suivront, à l’image de  Naima Sipahi, Hacer Tisoglu, Kamer Pamukçu, Safinaz Rizeli, Serap Caglayan,  Ayçe Coçkun, Gûl Gûldas. Les plus jeunes virtuoses actuelles sont Sûyûr et  Esra Berkman.

Après ces recherches pointilleux, Pinar Somakci est arrivé à la conclusion suivante : Avant 1920, il  n’y avait pas de noms connus en Turquie. Avec l’avénement des universités, le nombre de femmes jouant au qanun a augmenté. Des classes  spécialisées ont permis aux intéressés de suivre un enseignement académique.  A cet effet, ils existent en Turquie 15 maîtres de conférences dans les différentes universités du pays. Aujourd’hui, certains artistes  travaillent dans des  ministéres  et d’autres travaillent au niveau de la télévision.  Pour Pinar Somakci, les femmes spécialisées dans le qanun donnent l’aspect esthétique à l’instrument. Elles sont soucieuses. Elle  jouent, tenant compte de la partition.

Manil Neil

 

 

 

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