Association des Beaux Arts d’Alger : Digne représentant du patrimoine musical andalou

L’Association des beaux arts d’Alger a marqué dimanche  la soirée inaugurale du 10e Festivalgérie, avec  une présence remarquée  empreinte de maturité professionnelle, avec un orchestre de virtuoses se produisant devant un public nombreux venu renouer avec le patrimoine andalou et les musiques anciennes du monde.

 

Dirigés d’une main de maître par Abdelhadi Boukoura, aux commandes de l’association depuis 1999, la vingtaine  d’instrumentistes composant  l’ensemble algérois issu de l’ancienne "Société des beaux arts" fondée en 1856, ont présenté, après les prestations de Lamia Madini et l’Ensemble irakien Angham El Rafideyn, "Noubet H’çin" dans ses différentes déclinaisons s rythmique et mélodiques.

Une dizaine de jours, a confié M. Boukoura, aura suffie au groupe pour mettre au point le programme de la nouba fait de Inqilab Raml el maya Erraqib alladhi ghawek, interprété par Hamza Bouneb au violon, Moudh’habi fi el khilaâ (m’seddar), Qataâtou es’sayfa wa el kharif (b’taïhi), rendu par Haroun Chettab au Rbeb.

L’ Istikhbar  dans le mode âraq Aya mouhriqen bi nari, interprété par Noueddine Benalioua au luth, a offert à l’ensemble une belle transition pour entonner ensuite, Mali Hayem (derdj), chanté par Mounia Chatal au violon et  Afnaytou wajden wa chouqa (1er insiraf), rendu par Amira Chekchek au violon.

Les pièces,  Zada el hobbo wajdi (2ème Insiraf), interprété par Lamia Abdelli à la Kouitra, les trois pièces dans le mouvement Khlass, Charibna wa tab, Ittaqi Allah et Hadithou âîchqi, ont clos le programme chanté de La formation d’Alger, pour finir en musique et en beauté,  à la manière de l’Ecole tlémcenienne avec Touchiet El Kamel dans le mode H’çin.

Une heure durant, les instrumentistes de l’Association algéroise ont brillé de maîtrise dans leurs différents instruments notamment les cordes aux sonorités denses et relevées dont le r’beb, le luth, la kouitra et le qanun de Rafik Sahbi, frère de Kheireddine, disparu à l’âge de 29 ans, suite aux attentats perpétrés le 13 novembre dernier  à Paris et auquel une pieuse pensée a été adressée par l’ensemble des présents à la salle Ibn Zeïdoun de l’Office Riadh El Feth.

Parmi les instrumentistes de l’Association des beaux Arts d’Alger, dont le chef d’orchestre a fait l’éloge, Yasmine Sefsaf, musicienne non-voyante, jouant au luth et diplômée, par ailleurs,  d’un Magister en langue française, rayonnante dans sa tenue traditionnelle avec une voix pure, à la tessiture large. 

Le public savourant dans la délectation chaque instant de la prestation de l’ensemble des Beaux Arts d’Alger, a manifesté son enthousiasme par des déhanchements, des applaudissements et des youyous nourris.

L’Association des Beaux Arts d’Alger est lauréate en 2015, de la 9e édition du Festival culturel national de la musique andalouse Sanâa,  elle compte à son actif plusieurs autres distinctions dans différentes manifestations culturelles et a déjà produit de 2005 à 2012 cinq CD dans les noubas : Sika, Raml, Maya, Rasd, Ghrib et Rasd Edhil.

Souhil Hanani

 

 

 

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